Légendes urbaines du Macintosh

Pardon. Pardon aux utilisateurs de Macintosh, car je vais me montrer un peu critique. Enfin juste objectif, mais ce qui va suivre risque de faire quand même monter sensiblement leur tension. Que je les rassure, je n’ai rien contre la marque à la pomme. Je suis d’ailleurs à titre personnel possesseur d’un téléphone Apple, d’un iPad, d’un iPod, j’ai possédé par le passé plusieurs Macintosh et il n’est pas improbable que je m’achète un Mac mini un de ces quatre. Vous pouvez donc me croire, je ne vous veux pas du mal.

Pourquoi toutes ces précautions oratoires, me demanderez-vous? Eh bien, certains adeptes ne sont pas très ouverts à la discussion sur le sujet, dès lors que l’on se hasarde à mentionner un fait qui ne serait pas à l’avantage de ces sympathiques ordinateurs. Une conviction quasiment inébranlable, où l’échange sur la base d’éléments factuels laisse la place à des réactions émotionnelles épidermiques. J’exagère ? Faites donc le test autour de vous. À croire qu’on ne peut pas aborder sereinement et rationnellement le sujet sans risquer une guerre de tranchée.

Il y a deux ans, la BBC avait consacré un reportage abordant entre autres cet aspect. Pour en avoir le cœur net, le journaliste Alex Riley avait proposé à Alex Brook, un accroc du Mac auteur du blog World of Apple qui revendique de penser Apple 24 heures sur 24, de passer un I.R.M. L’expérience consistait à soumettre à ce dernier des images variées pour étudier ses réactions. Et les neurologues avaient constaté que des photos de produits Apple sollicitaient les mêmes zones du cerveau que des images religieuses chez un croyant. L’anecdote n’a rien d’une démonstration scientifique, mais elle illustre bien ma perception.

 

MacHSLégende urbaine numéro un : les Macintosh sont plus fiables que les PC

On entend parfois «je n’ai jamais eu de problème avec mon Mac». Pour commencer, c’est tout de même statistiquement un peu court pour en tirer des conclusions définitives, j’espère que vous en conviendrez. D’autant que je pourrais vous présenter moi des flopées d’utilisateurs qui ont subi des pannes. Les forums de MacBidouille en regorgent.

Par ailleurs, la comparaison est un peu biaisée. Les Macintosh sont des produits relativement chers, et plutôt positionnés haut de gamme. Au contraire, sur le marché PC, le meilleur pur-sang côtoie la dernière des carnes. De plus, il se vend bien plus de de PC que de Mac (12,5% de parts de marché). On a donc statistiquement beaucoup plus de chance de tomber sur un PC posant problème qu’un Mac. D’ailleurs, selon une étude réalisée par l’assureur SquareTrade sur 30 000 ordinateurs portables, le taux de panne des notebooks Apple serait de plus de 10 % à deux ans, et de plus de 17 % à trois ans. Certes, on peut toujours discuter des chiffres, mais voilà qui nous éloigne sérieusement du zéro problème.

Enfin, la distinction entre PC et Mac est d’autant moins pertinente que les Mac sont des PC. Depuis 2006, ils utilisent exactement les mêmes composants, et pas seulement les cartes graphiques. Seule différence, les Mac intègrent une puce EFI dont Mac OS vérifie la présence avant de s’installer. Aussi haut-de-gamme soient-ils, les composants Apple ne sont donc pas dotés de pouvoirs surnaturels.

 

Légende urbaine numéro deux : les Macintosh ne plantent pas

plantagemac

Ben voyons! C’est probablement pour ça que la requête «Macintosh plante» sur Google renvoie 304 000 résultats. Bien entendu, il faut nuancer. Un Macintosh fraîchement installé ou utilisant une poignée d’applications sera très probablement d’une stabilité exemplaire. Mais dès lors qu’on commence à charger un peu la barque en multipliant les applications et utilitaires, les ennuis commencent. Comme sur un PC. À titre d’exemple, les maquettistes sont souvent obligés de jongler entre plusieurs installations de Mac OS pour contourner les incompatibilités et soucis inévitables qu’entraînent leurs configurations un peu chargées.

Facteur aggravant, Mac OS fait le choix de cacher toute la «machinerie» du système d’exploitation à l’utilisateur. Un souci louable, certes. Mais du coup, en cas de problème, ce dernier ne peut rien faire, même s’il a compris ce qui se passait, car il n’a pas la main sur les entrailles de son système.

 

Légende urbaine numéro trois : Mac OS est plus ergonomique

A son lancement, au début des années 80, il n’y avait pas débat. Les premières versions de Windows étaient de pathétiques copies de Mac OS. Mais pendant que le premier s’améliorait laborieusement au fil des ans, finissant enfin par devenir un concurrent crédible à partir de Windows 95, le second s’éloignait de plus en plus de la simplicité et du dépouillement de sa première version. À tel point que depuis le milieu des années 90, les deux systèmes d’exploitation sont devenus également de véritables usines à gaz.

Naturellement, de nombreux détails les distinguent. On pourrait par exemple s’étonner du refus obstiné par Apple de la présence d’un second (et donc d’un troisième) bouton ainsi que d’une molette sur ses souris. Une lacune heureusement comblée depuis longtemps par des fournisseurs tiers. Mais rien de bien fondamental. Globalement, Mac OS et Windows reposent sur des concepts devenus très voisins. Et comme on dit, les goûts et les couleurs… Voir une supériorité ergonomique chez l’un ou l’autre relève donc plus du goût personnel que d’autre chose.

 

Légende urbaine numéro quatre: il n’y a pas de virus sur Macintosh

germs-virus-twoDisons plutôt qu’il n’y en a pas eu pendant longtemps, car la faible taille du parc installé face à la masse des PC ne justifiait pas l’effort chez les auteurs de virus, spywares et autres malwares. Avec le renouveau du Mac à la fin des années 90, les choses ont changé. Les ordinateurs à la pomme sont revenus sur le devant de la scène, et l’usage d’Internet a multiplié les risques. Flashback, SabPub, RSPlug, HellRTS, MacDefender, les parasites ne manquent pas.

Si le ver est dans le fruit, il faut reconnaître que le phénomène touche pour l’instant le Macintosh de façon nettement moins massive que le PC, et dans une proportion moindre en France qu’aux États-Unis. Moins nombreux, moins présents, moins méchant, les parasites n’en sont pas moins là. Mais nier ou minorer le phénomène risque d’amener des réveils douloureux. Je vous invite à ce sujet à lire mon article «un antivirus, à quoi bon ?» pour vous faire une idée.

 

Légende urbaine numéro cinq : la logithèque du Macintosh n’a rien à envier à celle du PC

Voilà qui semble sérieusement exagéré. Fort heureusement, on trouve sans problème une bonne application dans chaque catégorie logicielle. Mais au-delà, il existe de considérables variations quantitatives et qualitatives entre les deux logithèques. La bureautique n’est par exemple pas exactement le point fort du Macintosh. Même le malheureux Microsoft Office n’est qu’une version sérieusement élaguée de l’édition PC, et qui n’évolue qu’avec systématiquement plusieurs années de retard. Quant au jeu, c’est même le désert total, exception faite d’une petite poignée de grosses sorties et de quelques gratuits sympathiques.

MacbosxetEn revanche, dans le domaine du multimédia et des arts graphiques, l’offre est pléthorique. Mais les choses ont sensiblement évolué. À la grande époque, ces applications sortaient systématiquement sur Macintosh. Et avec un peu de chance, pour les incontournables, une version PC finissait par suivre. Depuis plusieurs années, la situation s’est tout simplement inversée, et le PC est devenu pour les éditeurs la plate-forme de référence. A tel point que certains logiciels ne sortent plus que sur PC. Et la stratégie logicielle d’Apple ne contribue pas vraiment à retourner la situation, car l’entreprise a souvent racheté des outils graphiques majeurs pour finalement les laisser à l’abandon (Skake) ou les castrer pour les proposer au grand public (Final Cut).

Les éditeurs œuvrant sur les deux plateformes se contentent en fait de suivre les attentes de leurs clients, qui basculent depuis une dizaine d’années pour des raisons très pragmatiques. Et ils le font parfois par défaut, car Apple a abandonné la course à la puissance depuis longtemps. Mais aussi pour des raisons de coût, car à puissance équivalente, un Macintosh coûte beaucoup plus cher qu’un PC.

 

Ne tirez pas sur le messager

Voilà, les choses sont dites. Naturellement, on peut toujours discuter des détails, mais tout ce qui précède me semble globalement purement factuel. Et j’ajouterais, cela va encore mieux en le disant, que le PC n’est bien sûr pas exempt de défauts, loin de là.

Néanmoins, le plus important ne se trouve pas dans les cinq légendes urbaines que je viens d’évoquer. Vous vous sentez plus à l’aise sur Macintosh, ces ordinateurs vous tentent, les logiciels que vous voulez utiliser y existent, et une petite différence de prix ne vous fait pas peur, alors n’hésitez pas. Prenez un Macintosh, vous ne serez pas déçus.

 

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