Le Metaverse de Facebook, futur fiasco ?

Je vous avais déjà décrit il y a un moment pourquoi je ne partageais pas du tout l’enthousiasme de nombreux journalistes pour le Metaverse de Facebook. Un an après son annonce en fanfare, la poussière retombe, et le spectacle n’a rien d’affriolant.

Je signalais déjà les problèmes de coût de l’équipement nécessaire, de ce peu design casque de réalité virtuelle qui commence par vous enfermer dans votre bulle (au risque de percuter le mobilier) sous prétexte de vous « ouvrir à une autre dimension », et par vous donner le mal des transports.

J’en profite pour compléter la liste d’un désastre annoncé. Outre le fameux casque, ne comptez pas sur un mini portable modèle fillette à 200€ pour faire tourner le système. Si j’en juge par l’état du parc informatique du commun des mortels (des brouettes de 5 à 10 ans d’âges, et bas de gamme le jour de l’achat), il va falloir longtemps avant qu’une petite majorité d’ordinateurs puisse y tremper un orteil. À supposer que leurs propriétaires y pensent, et soient prêts à réinvestir dans un nouvel ordinateur. Sans parler des problèmes de standardisation, qui prendront probablement de nombreuses années avant de devenir un mauvais souvenir.

Surtout, le bazar ne sert à rien. Rendre les choses ludiques ? Faciliter les échanges et l’interactivité ? Ça fait léger. Et surtout, les solutions actuelles le permettent déjà. D’ailleurs, un bon nombre d’employés de Meta (Facebook), de ses partenaires et testeurs, semble partager mes réticences. À tel point que le vice-président de Meta se plaint dans un mémo ayant fuité sur The Verge que ses propres forces ne mettaient pas beaucoup de cœur dans leur usage d’Horizon Worlds, le Metaverse maison. Dans la foulée, il aurait demandé à ses chefs d’équipes de pousser chacun à l’utiliser au moins une fois par mois ! Pas sûr que l’incitation déclenche le coup de foudre recherché.


Manque de chance, Meta brûle ses réserves financières à un rythme ahurissant, même dans un milieu qui n’a habituellement pas froid aux yeux quand il s’agit d’investir. On parle de 10 milliards de dollars par an. Une paille pour devenir le roi du monde, mais un peu onéreux pour un truc moche, instable, lent, buggé, et qui n’apporte objectivement aucun avantage décisif sur nos usages informatiques au quotidien. Je serais actionnaire, je me ferais du souci. Et vu les évolutions du cours de bourse depuis la fin de l’hiver 2022, je ne suis pas le seul à regarder où se trouvent les chaloupes de secours.

Fort heureusement, l’entreprise se dit confiante qu’un futur brillant s’offre au Metaverse. Mon petit doigt me dit quand même qu’une place de vice-président va se libérer relativement prochainement. Faites chauffer vos CV. Mais Marc Zuckerberg finira même peut-être par reconnaître s’être fourvoyé dans ce délire, à l’instar de certains autres dans la mode des NFT ou des cryptomonnaies (encore que ces dernières se montrent plus consistantes et prometteuses. Ou alors je me trompe complètement, les verres de mes lunettes ne parvenant pas à me montrer la réalité (virtuelle) fascinante derrière ce « bijou » de la hightech. Sans parler du moment où la publicité va montrer le bout de son nez.

Pour me montrer totalement honnête, je pense que leurs efforts en direction de la réalité augmentée ont-elles vraiment du sens, mais ceux-ci ne semblent pas exactement prioritaires. Voyons voir la suite.



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