L’intelligence artificielle nécessite une matière première en quantité faramineuse de contenus pour alimenter ses modèles et leur apprendre à devenir plus efficaces (articles, livres, textes en tout genre..). Les éditeurs de presse se plaignent d’ailleurs régulièrement avec vigueur de servir sans aucune rémunération à la clé à alimenter ces insatiables gloutons. Parfois, l’affaire se solde moyennant un énorme chèque, confirmant ainsi la valeur colossale de ces données.
Mais une autre source ne leur a pas échappé : toutes les informations que nous leur confions en employant leurs services. Les requêtes que nous formulons, qui contiennent potentiellement des informations très personnelles, et les données sous forme de fichiers que nous y ajoutons pour optimiser les résultats représente parfois des risques personnels et/ou professionnels de taille.
Cela se passe pourtant avec notre consentement explicite autant que négligent. J’imagine en effet que vous n’avez pas plus que moi lu le contrat d’utilisation de votre service d’IA, mais cet aspect s’y trouve pourtant clairement spécifié. Encore faut-il vouloir s’y plonger.
Reste qu’un simple clic sur Chat GPT suffit à refuser de partager nos données, y compris avec un compte gratuit (Menu paramètres, puis gestion des données, puis désactiver « Améliorer le modèle pour tous »). Mais il vous faut impérativement disposer d’un compte, ce qui se comprend. Les autres modèles, comme Claude ou Mistral, semblent moins sensibles à la question. Mais la fonction a pu m’échapper.
Naturellement, les éditeurs chinois DeepSeeq, Qwen et autres, ne se distinguent pas franchement sur ce terrain. Mais ça ne compenserait pas le peu de cas que fait leur gouvernement du concept de vie privée. Même punition, même motif, pour un certain nombre d’États occidentaux, dont ceux constituant les Five Eyes… et donc potentiellement ChatGPT !
Il n’existe qu’une seule solution pour vous prémunir de ces risques, à savoir exploiter une IA locale, s’exécutant sur votre propre ordinateur. Mais vous devrez disposer d’un modèle franchement très musclé selon les modèles. Sur le papier, la chose est potentiellement jouable avec les plus frugales, comme celles de Mistral. Mais pour l’ergonomie d’installation et d’usage, vous repasserez.
Enfin, les éditeurs de services d’IA veillent aussi aux risques extérieurs, en cryptant les échanges de données avec nous, et en proposant souvent des dispositifs d’identification à double facteur.
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