Je vais abandonner mon PC après 35 ans de vie commune

Et pourquoi donc ? Il existe une première raison immédiate. Mon SSD est mort prématurément il y a quelques semaines, occasionnant une pénible séance de gymnastique sous mon bureau, afin d’éviter de risquer de rebrancher de manière erronée certains de mes innombrables périphériques USB (a priori plus de 25). Pire, le support SSD est niché entre deux connecteurs d’extension, dont celui accueillant l’énorme carte graphique, que j’ai eu le plus grand mal à débrancher temporairement. Plus jamais ça, me suis-je alors juré.

Historiquement, je monte mes propres PC comme un grand depuis plus de 35 ans. C’était la seule manière d’obtenir exactement les configurations que je souhaitais, avec exactement les composants voulus, et sans devoir vendre un rein à chaque fois.

Et puis je dois avouer une certaine lassitude quant aux soucis chroniques des PC bien chargés : instabilité, problèmes de mises à jour, lenteur progressive, même sur de grosses configurations, plantages inexpliqués, incompatibilités… Je fatigue de devoir tout réinstaller régulièrement. Vous me direz que l’inexplicable se constate plutôt dans les rares moments où tout fonctionne bien avec une telle usine à gaz.

Alors, lentement, au fil des ans, une petite idée a fait son chemin. Et si je revenais au Macintosh, que j’avais déjà pratiqué vers 1990. À l’époque, Windows était très à la traîne, et sa logithèque faisait pitié hors multimédia. Plus tard Apple avait eu raison des portages sauvages de Mac OS sur PC.

Aujourd’hui, les choses ont changé. Mac OS bénéficie d’un UNIX aussi caché qu’efficace, et sa logithèque s’est bien rattrapé. Office 365 Mac a enfin gommé ses principales limitations (et les autres ne me servent pas sur PC, d’où l’arrêt annoncé de MS Publisher). Les soucis de formats de fichiers dits universels, comme le PDF, sont enfin oubliés. Et la virtualisation fait des merveilles, Windows 11 tournant sans souci grâce à Parralel Desktop et aux performances des puces M.


Bien sûr, je suis parfaitement conscient que tout n’est pas rose au royaume de la pomme. J’en parlais déjà il y a plusieurs années dans « Légendes urbaines du Macintosh ». Il subsiste ainsi un écueil de taille : l’absence quasi totale d’évolutivité de cette plateforme en matière de processeur, stockage interne et mémoire.

Mais pour être honnête, je n’en profite plus depuis longtemps. Tous les quatre ou cinq ans, quand j’envisage de redonner un coup de jeune à mon PC, je conclus que cela passe par un changement de carte mère pour accepter un processeur, une carte graphique et donc une mémoire récents. Finalement, autant remonter un PC complet. Match nul avec le Mac.

Du point de vue du prix, j’arrive un peu à la même conclusion. Effectivement, Apple ne se mouche pas avec les doigts. La moindre option se paye très cher, mais ses processeurs M présentent un rapport performance/prix imbattable. Et pendant longtemps, comme le montrent les inusables M1 aujourd’hui.

Par contre, malheur à celui qui n’aura pas estimé finement ses besoins à moyen ou long terme. Il ne faut pas mégoter quand on fait ses courses chez Apple. On peut rajouter plus tard du stockage externe, mais pas de mémoire ni un processeur plus puissant. Une manière très efficace de pousser à la consommation.

Dernier point, et de taille, la stabilité de la plateforme. J’ai évoqué mes déboires périodiques sur PC, et son insupportable aspect usine à gaz. J’avais déjà été confronté à ce genre de souci il y a longtemps sur mes smartphones sous Windows CE, devenu Windows Mobile. On y retrouvait bien les tares congénitales de Windows, dont il partageait plusieurs composants et effets indésirables. Il m’arrivait fréquemment de devoir redémarrer mon téléphone plusieurs fois par jour.

J’avais fini par basculer avec regret sur iPhone : moins de diversité dans les appareils, moins de logithèque (à l’époque), mais aussi beaucoup moins de bugs et donc de plantage, d’incompatibilités… Et pour cause. IOS est aussi corseté de règles que notre corpus législatif et réglementaire, alors que Windows est synonyme de Far West pour les développeurs. À l’arrivée, ces interdits sont à la fois frustrants, mais aussi reposants par leurs effets. Les mêmes causes produisent les mêmes effets sous macOS.

Alors voilà les raisons qui m’ont amené à ce changement stratégique. Que pensez-vous de mon analyse ? Ai-je manqué certains aspects ?


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