Enfin plus de clarté sur les réseaux sociaux

Je dois avouer avoir une dent contre le torrent de réglementations en tout genre qui nous inonde en permanence. Et dans ce registre, l’UE se pose là. Les possesseurs de sites Web penseront avec émotion au RGPD, et à ses implications tellement tentaculaires et complexes que les meilleurs avocats spécialistes du sujet reconnaissent bien volontiers qu’il est quasiment impossible pour une PME de le respecter intégralement.

Je pense qu’il ne s’agir en fait que de « dommages collatéraux », la vraie cible visée se situant plutôt du côté des GAFAM. Aussi, l’arrivée du Digital Services Act (DSA) avait de quoi susciter quelques inquiétudes. Mais cette fois, on dirait que l’UE a un peu mieux creusé son sujet avant de se lancer.

Sur la cible, déjà, puisqu’au lieu de mettre tout le monde dans le même sac, y compris vous et moi, seules 19 plateformes sont pour l’instant concernées. Selon quels critères ? Mystère. Mais, au moins, cette nouvelle réglementation ne s’appliquera qu’aux très grosses structures. La plus petite du lot est d’ailleurs Zalendo, dont le chiffre d’affaires dépasse joyeusement les 2 milliards.

Bonne pioche également sur le fond, car les points concernés semblent cette fois relever du bon sens.  Le changement le plus marquant porte en effet sur la sélection de contenus mis en avant. Jusqu’ici, impossible de connaître les critères de choix, et encore moins avoir son mot à dire sur le sujet. Maintenant, nous pourrons au moins obtenir un contenu relativement décorrélé de notre profil publicitaire et de nos habitudes. Au risque de moins nous concerner, mais on ne peut pas gagner sur tous les tableaux. L’étau du ciblage forcené des mineurs va aussi se desserrer sensiblement.


Au-delà, la transparence sera un peu plus à l’honneur. Les éditeurs des 19 services concernés auront enfin l’obligation de clairement motiver leurs choix éditoriaux, ainsi que leurs décisions de modération (le nom pudique de la censure qu’ils ont l’obligation de gérer pour se mettre en conformité avec la loi). Car les choses se passaient jusqu’ici dans le plus grand flou, pour ne pas dire arbitraire.

Votre publication était censurée ou votre compte suspendu, voire fermé ? Vous ne disposiez jusqu’ici d’aucun moyen de faire valoir votre position, ni même d’explications sur le pourquoi du comment. Facebook était ainsi familier du lapidaire et ésotérique « votre publication ne respecte pas les règles de la communauté ». Désormais, les plateformes devront motiver leurs choix. Elles devront assumer leur morale, parfois aussi surprenante qu’élastique.

Pour le faire savoir, certains bons élèves comme Google et Meta ont mis en ligne des ressources pédagogiques afin d’expliquer leurs actions en la matière. Mais objectivement, allons-nous y consacrer plus d’attention qu’à leurs conditions d’utilisation, que nous signons tous les yeux fermés sans y prêter une quelconque attention ?

Si les choses vont en apparence dans le bon sens, je demande toutefois à voir la jurisprudence qui se développera sur le DSA. Et si l’État joue pleinement son rôle. Car il semble s’en remettre une fois de plus à des associations (les « signaleurs de confiance ») pour faire la police à sa place. Au moins pour jouer les indics.


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