Facebook et le croquemitaine

Évoquant les réseaux sociaux à la suite d’une formation sur l’intelligence artificielle, j’ai proposé comme toujours aux participants d’accéder gracieusement à un de mes groupes privés Facebook pour prolonger la formation, et être en mesure de continuer de poser toutes les questions qu’ils auraient jugé pertinentes. À ma grande surprise, j’ai essuyé un refus. Évidemment, ça m’a énormément intrigué et j’ai posé la question du pourquoi, et j’ai obtenu une réponse extrêmement curieuse. En l’occurrence, la personne en question n’utilisait pas Facebook et ne souhaitait pas s’inscrire.
Alors, étant curieux de comprendre, j’ai évidemment voulu creuser. J’ai initialement pensé que le souci venait de ce vieux fantasme type « ce que vont devenir mes données »,  ou « je vais être espionné par Facebook », etc. Cela n’a en fait de sens que pour les gens qui partagent beaucoup d’informations personnelles monétisables auprès des annonceurs et qui d’ailleurs, pour beaucoup, n’intéressent absolument personne, y compris Facebook. Comme par exemple le vieux classique « je suis actuellement en terrasse du Balto et je mange une entrecôte frites donc voici la photo ». Tout ça n’a évidemment aucun sens et cette personne n’était pas dans ce cas-là.


Elle me répond non, non, pas du tout, ça n’est pas un problème d’aversion à Facebook lui-même ou à ses principes ou à des questions de protection des données. Non, le souci c’est Mark Zuckerberg. Bon d’accord, alors là c’est une autre phobie assez classique : le grand méchant patron de la high tech tout puissant qui ne fait pas ce qu’il devrait ou n’a pas le comportement discutable. Alors on échange un petit peu ensemble. Je conviens bien volontiers que Mark Zuckerberg n’inspire pas forcément des sentiments d’amitié ou de respect auprès des autres par son comportement, et que le film « Social Network » résume bien le fond du problème de façon assez troublante.

Puis je dis à cette personne : « mais en fait, personne ne vous demande de devenir amis de Mark Zuckerberg, ni d’estimer la personne ou le manager. » En gros, il s’agit juste à mon sens d’accéder à un outil qui ouvre sur une quantité phénoménale et à mon sens pertinente d’informations, en l’occurrence fort modestement mon groupe privé sur Facebook. Et là, il me dit « non, je ne veux juste pas utiliser les services de Mark Zuckerberg ».

Alors le problème, c’est qu’il est en revanche un utilisateur assidu et intensif de WhatsApp, propriété de Meta, l’entreprise de Mark Zuckerberg ! Et là pas de souci. Il me dit alors « oui, mais dans ce cas-là en fait c’est parce que je n’ai pas le choix ». Les paramètres changent alors un petit peu. Donc, il ne veut pas avoir quoi que ce soit à faire avec Mark Zuckerberg, sauf s’il n’a pas le choix.

Bon, alors je trouve ça un petit peu troublant. Ce sont des principes un petit peu à géométrie variable et c’est d’ailleurs bien dans le moule de ce qu’on constate malheureusement très souvent aujourd’hui. Je pense particulièrement à tous ces gens qui se gargarisent d’ouverture d’esprit sans se l’appliquer à eux-mêmes. Cette énigme a-t-elle du sens pour vous ?


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