Aujourd’hui, je vais vous raconter une petite anecdote personnelle, que je vis de temps en temps avec le même énervement. Typiquement, je discute en ligne ou en présentiel avec une personne (client, contact, prospect, ami…) qui me dit être un lecteur assidu et satisfait de ma prose sur les réseaux sociaux.
Ça commence bien, et ça fait toujours plaisir, mais la suite se gâte alors souvent très vite quand je comprends que la personne en question n’a jamais joint l’action à la pensée. Pas une fois. Or, comme l’avait résumé le poète Pierre Reverdy, « Il n’y a pas d’amour, il n’y a que des preuves d’amour ».
En clair, pas d’engagement, quel qu’il soit chez ce lecteur. Pas même un petit like ! Pourtant, ça ne coûte rien. C’est simple, rapide et indolore pour le donneur. Je me sens aussi un peu chiffonné par l’incohérence autant que l’ingratitude. Comme pour un simple merci à quelqu’un qui vous tient la porte ou qui vous cède le passage. Cette personne, moi en l’occurrence, l’a fait gracieusement, pour aider, et ne récolte même pas un petit signe de tête de satisfaction.
Sans compter que la satisfaction confirmée verbalement, si elle est sincère, mériterait logiquement de se voir partagée avec d’autres, voire exprimée en commentaire de l’article en question. Bien entendu, on peut légitimement considérer que les lecteurs n’ont rien demandé, et que leur indifférence concrète se défend.
Mais dans une époque où tout le monde se gargarise, de tolérance, d’ouverture d’esprit et de respect, les petites marques simples de gratitude ou de satisfaction se font incroyablement rares. Y compris chez ceux qui recherchent activement cet engagement aussi simple que rare. Pourtant, il me semble logique d’apporter aux autres ce que nous attendons d’eux.
Moralité, sortez de votre mode furtif. Un ami me racontait un jour qu’il utilisait pas mal les réseaux sociaux, mais « uniquement en mode voyeur ». Un peu comme un lecteur de bibliothèque qui lirait, apprendrait et repartirait ni vu ni connu. Après tout, personne ne lui a effectivement demandé quelque chose (à part le savoir-vivre). Mais quel dommage. J’aurais pu lui répondre : « Ah, tu es donc un lecteur clandestin. Mais si tu laisses un jour une petite trace de ton passage sous une publication, ta couverture sera peut-être compromise, mais l’auteur saura ce qui t’a plu. »
C’est ainsi en dévoilant par l’exemple ce que vous souhaiteriez pour vous que vous vous montrerez le plus cohérent et inspirant. Ne vous sentez pas astreint à la discrétion d’un agent secret.
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